
Le comte Léon
- cavril sandrine
- 29 mars 2024
- 2 min de lecture

Qui donc est la mère de ce premier comte Léon ? Éléonore Denuelle de La Plaigne, fille d’un notaire parisien, a été pensionnaire de l’institution d’éducation pour jeunes filles de la bonne société, dirigée par Madame Campan. Elle s’y était liée d’amitié avec Caroline Bonaparte, qui fera d’elle sa demoiselle d’honneur. Caroline, qui déteste sa belle-sœur l’impératrice Joséphine de Beauharnais, poussa la "belle Éléonore" dans les bras de son frère. Napoléon tombe sous son charme. Plus tard, il fera venir son fils aux Tuileries et songera même à lui, un temps, pour lui succéder, avant la naissance du roi de Rome. Car, sûr désormais de pouvoir procréer, il ne tardera pas à répudier Joséphine pour épouser Marie-Louise d’Autriche…
Dans son testament, Napoléon accordera une rente généreuse à son fils illégitime afin qu’il entre dans la magistrature, ainsi que 300.000 francs pour acheter une terre. Cependant, fantasque et instable, Charles Léon – qui ressemble physiquement beaucoup à l’empereur – mènera une existence dissipée et turbulente. Sous le Second Empire, surnommé le "Bâtard infernal", il défraie la chronique, assaille son cousin Napoléon III de demandes importunes et finit par se brouiller avec lui...
Avant de disparaître, le 14 avril 1881 à Pontoise, âgé de 74 ans, presque dans la misère, le comte Léon aura épousé la fille de son jardinier. Le couple a trois garçons. L’aîné Charles, 2e comte Léon (1855-1894), s’établit au Vénézuéla et y crée des chemins de fer. Le benjamin Fernand (1861-1916) part au Texas où il dirigera un ranch ! Quant au deuxième, Gaston, 3e comte Léon, (1857-1937), il sera lieutenant de chasseurs. Avec deux fils, il sera le seul à laisser une descendance. L’aîné de ses fils, Gaston (1886-1976) sera le 4e comte Léon et mourra aussi sans postérité. Son frère cadet, Charles, né en 1911 sera donc le 5e et dernier comte Léon. Ce petit homme ordinaire, qui ne s’éteindra qu’en 1994, se trouvait donc être l’arrière-petit-fils de Napoléon Ier. Prodigieux raccourci de l’Histoire, deux générations seulement le séparaient de l’Aigle corse !




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