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Louis Nicolas Davout

  • Photo du rédacteur: cavril sandrine
    cavril sandrine
  • 30 mars 2024
  • 8 min de lecture

Louis-Nicolas d'Avout, est né le 10 mai 1770 à Annoux (Yonne), dans une modeste maison de campagne louée par son père, Jean-François, lieutenant à Royal-Champagne. Quelques mois plus tard, la famille s'installe à Etivey, à une dizaine de kilomètres. Là, le jeune Nicolas vivra comme les petits paysans, partageant leurs jeux, apprenant à lire et à écrire.


Le 3 mars 1779, Jean-François d'Avout meurt des suites d'un accident de chasse. Sa femme se retrouve seule à Etivey avec quatre enfants dont l'aîné, Louis-Nicolas, n'a pas encore neuf ans, dans une situation financière difficile et à laquelle elle est mal préparée. Elle se rend souvent chez sa mère, à Avallon, pour y trouver réconfort et conseils.


Le 12 novembre 1801, Louis-Nicolas Davout épouse Louise-Aimée-Julie Leclerc, la soeur du général Charles Victor Emmanuel Leclerc, beau-frère du Premier consul. Il entre ainsi dans le cercle familial de Napoléon Bonaparte. Celui-ci, décidément revenu de sa première impression défavorable, le nomme en 1802 commandant des grenadiers de la garde consulaire puis, le 19 mai 1804, Maréchal et colonel général des grenadiers à pied de la garde impériale. Louis-Nicolas l'accompagne et conservera toujours de sa grand-mère, femme remarquable, un souvenir ému. Il y prépare son entrée à l'Ecole Royale Militaire d'Auxerre, où il est admis comme pensionnaire du Roi le 31 décembre 1779.


Louis-Nicolas Davout

Duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmühl

Prononciation:


Blason de Louis-Nicolas Davout (1770-1823)

Le 10 mai 1770 naît à Annoux Louis-Nicolas d'Avoust (dit Davout), descendant de l'une des plus illustres familles de Bourgogne. A ce titre, en 1785, il entre comme cadet-gentilhomme à l'École militaire de Paris, dont Napoléon Bonaparte vient de sortir.


Sous-lieutenant depuis 1788 au régiment de Royal-Champagne-cavalerie (qui a déjà vu passer son père, son oncle et son grand-père), Davout se montre dès les débuts de la Révolution un fervent partisan des idées nouvelles. Mais ses supérieurs ne partagent pas son enthousiasme. Ils envoient en prison le trop ardent patriote sous l'accusation de pousser les soldats de son régiment à la mutinerie. Rapidement libéré, Davout donne sa démission pour s'engager dans un régiment de volontaire de l'Yonne qui l'élit lieutenant-colonel une semaine après son arrivée (22 septembre 1791).


En 1792 et 1793, Davout se bat dans le Nord et en Belgique sous les ordres de Charles-François Dumouriez. Il est à Neerwinden le 18 mars 1793 et lorsque son chef passe à l'ennemi, il tente en vain de l'arrêter, faisant tirer sur le traître par les hommes de son bataillon. Sans succès. Sa carrière se poursuit en Vendée. En juillet, il est nommé coup sur coup général de brigade puis de division ; il a vingt-trois ans. Selon certains, il refuse cette promotion et démissionne pour obéir au décret excluant de l'armée les officiers d'origine noble. Selon d'autres, il est destitué à cause de ce même décret, à moins que ce ne soit en raison d'une correspondance échangée entre sa mère et des membres de l'émigration.


Après le 9 thermidor et la chute de Maximilien Robespierre (27 juillet 1794), Louis-Nicolas Davout demande à reprendre du service et est envoyé comme général de brigade à l'armée du Rhin. Il y est placé sous le commandement de Louis Charles Antoine Desaix, avec lequel il se lie d'amitié.


En septembre 1795, Davout s'empare de la ville de Mannheim. Mais il doit capituler deux mois plus tard et se retrouve prisonnier (22 novembre). Rapidement échangé, il continue à se battre sur le Rhin durant les deux années suivantes. Il est à Haslach (14 juillet 1796), au passage du Rhin (18 avril 1797) et c'est lui qui s'empare, le 21 avril suivant, d'un fourgon du chef du service secret du Prince de Condé, le baron de Klinglin, dans lequel on découvre la correspondance qu'entretient le général Jean Charles Pichegru avec les émigrés.


C'est sur la recommandation de Desaix que Napoléon Bonaparte, d'abord rebuté par l'extérieur peu amène de Davout, consent à emmener ce dernier en Égypte. Louis-Nicolas y commande une brigade de cavalerie à la tête de laquelle il prend part à nombre des batailles de la campagne (Pyramides, Louqsor, Aboukir). Devenu le principal collaborateur de Desaix, il quitte l'Égypte avec celui-ci le 3 mars 1800, suite à la signature de la convention d'Al Arish.


Arrivé à Toulon le 6 mai (les anglais l'ont retenu un mois à Livourne), il est promu général de division le 3 juillet et nommé à la tête de la cavalerie de l'armée d'Italie.


Le 12 novembre 1801, Louis-Nicolas Davout épouse Louise-Aimée-Julie Leclerc, la soeur du général Charles Victor Emmanuel Leclerc, beau-frère du Premier consul. Il entre ainsi dans le cercle familial de Napoléon Bonaparte. Celui-ci, décidément revenu de sa première impression défavorable, le nomme en 1802 commandant des grenadiers de la garde consulaire puis, le 19 mai 1804, Maréchal et colonel général des grenadiers à pied de la garde impériale.


L'année suivante, Davout commande l'aile droite de l'armée française à Austerlitz, prenant une part décisive à la victoire.


En 1806, Davout remporte la bataille d'Auerstaedt avec trois divisions face au gros de l'armée prussienne et permet ainsi la victoire d'Iéna. Entré le premier à Berlin le 25 octobre, précédant de deux jours l'Empereur , il remporte encore plusieurs batailles en Pologne, à Czarnowo et à Golymin, et commande à nouveau l'aile droite à Eylau. Il est récompensé de ses succès par la charge de gouverneur général du grand-duché de Varsovie (15 juillet 1807) et le titre de duc d'Auerstaedt (28 mars 1808).


Davout quitte Varsovie le 6 septembre 1808, après un séjour d'un peu plus d'une année, au cours duquel il s'est attiré la sympathie du peuple, mais qu'il a passé en conflit permanent avec le simulacre de gouvernement que le traité de Tilsitt a institué en Pologne. Il s'installe alors en Silésie avec son corps d'armée, le IIIème, qu'il commande depuis 1805. Après la dissolution de la Grande-Armée (12 octobre 1808), il devient le chef de l'Armée du Rhin qui regroupe toutes les forces françaises stationnées en Allemagne.


Il participe à la deuxième campagne d'Allemagne en qualité de chef du troisième corps de la Grande Armée. Le 22 avril 1809, il s'illustre à Eckmühl ; le 22 mai, la rupture du pont sur le Danube l'empêche d'intervenir durant celle d'Essling ; le 6 juillet, il décide du sort de la bataille de Wagram. Le 15 août suivant, le maréchal Davout devient prince d'Eckmülh.


Le 1er juillet 1810, Napoléon le nomme commandant en chef de l'armée d'Allemagne. A ce titre, Davout est tout spécialement chargé de surveiller le nord du pays et ses grands ports, que l'Empereur veut totalement fermer au commerce anglais. Le maréchal exécute ses instructions avec une inexorable rigueur. Par ailleurs, il se livre à d'intenses préparatifs en vue de l'invasion de la Russie.


Le 23 juin 1812 à minuit, c'est à lui qu'il revient de déclencher l'offensive par le franchissement du Niémen. Commandant du premier corps de la nouvelle Grande Armée, Davout a sous ses ordres cinq divisions d'infanterie et deux brigades de cavalerie, soixante-sept mille hommes en tout. Il y fait régner, comme à son habitude, une stricte discipline et un ordre parfait.


La campagne de Russie n'apporte pourtant à Davout que désagréments et humiliations. Napoléon Ier tient de moins en moins compte de ses avis ‒ c'est ainsi que son plan est repoussé lors de la peu décisive bataille de la Moskowa (au cours de laquelle Davout est blessé) et que la route de l'aller, dévastée par la guerre, est à nouveau empruntée au retour. Dans les conflits qui opposent le maréchal à ses collègues, l'Empereur donne presque systématiquement raison à ceux-ci et en particulier à Joachim Murat, avec lequel les relations du prince d'Eckmühl sont exécrables. (A plusieurs reprises, ce dernier refuse d'apporter son soutien aux troupes du roi de Naples, qu'il accuse de livrer certains combats dans le seul but d'accroître son prestige. Il faut l'intervention de Napoléon pour éviter un duel entre les deux hommes.) La retraite, qu'il effectue dans des conditions particulièrement difficiles ‒ J'ai certainement fait les quatre cinquièmes de la route de Moscou à pied écrit-il à sa femme ‒ voit revenir de Russie un Davout déprimé et aigri.


Il n'en défend pas moins Dresde avec ardeur du 9 au 19 mars 1813 puis reçoit le commandement de la 32ème division militaire, comprenant les départements hanséatiques qu'il a déjà gouvernés en 1810. Ayant reçu de Napoléon des instructions particulièrement dures à l'égard de Hambourg, Davout les applique sans douceur, s'attirant l'hostilité de la population. En août, à la reprise des hostilités, il s'enferme dans la ville qu'il ne livre que le 27 mai 1814, plus d'un mois après l'abdication de Napoléon Ier. Encore est-ce à un général français, et sur ordre direct de Louis XVIII.


De retour à Paris, Davout est reçu par le nouveau ministre de la guerre, Pierre Dupont de l'Étang. Celui-ci lui apprend que le roi interdit au maréchal de séjourner à Paris et lui demande de justifier sa conduite pendant le siège de Hambourg. Davout doit répondre à trois chefs d'inculpation : avoir fait tirer au canon en avril 1814 sur le drapeau blanc des rois de France qu'il voyait flotter sur le camp de ses assiégeants, avoir saisi l'or de la banque de Hambourg, avoir commis des actes arbitraires (dont nombre d'exécutions capitales) propres à rendre odieux le nom français. Le mémoire écrit par Davout pour s'expliquer étant resté sans réponse, il fait intervenir Nicolas Charles Oudinot puis Jean-de-Dieu Soult auprès du Roi, qui refuse de les écouter. Le maréchal s'enferme alors dans la retraite sur ses terres, au château de Savigny .


Il en sort au retour de Napoléon. Le jour même de l'arrivée de l'Empereur à Paris (20 mars 1815), il est aux Tuileries. Après avoir une première fois refusé le poste de ministre de la Guerre, arguant de son mauvais caractère, Davout se rend aux raisons de Napoléon (Je laisse [...] croire que j'agis de concert avec mon beau-père, l'empereur d'Autriche... la vérité est qu'il n'en est rien, que je suis seul, seul en face de l'Europe. Voilà ma situation. Voulez-vous m'abandonner ?) et entreprend de remettre sur pied un appareil militaire passablement délabré. Il se montre alors, durant les Cent-Jours, travailleur infatigable et excellent organisateur.


L'Empereur rejoint l'armée le 12 juin, laissant Louis-Nicolas Davout investi des pouvoirs de commandant en chef des forces stationnées dans la région parisienne. Après Waterloo, le ministre de la Guerre tente d'abord de persuader un Napoléon 1er désemparé de poursuivre la lutte. Pourtant, une fois passée l'abdication, c'est lui qui doit se charger (non sans avoir tenté de se dérober à cette commission) de demander à Napoléon de quitter la capitale. L'entrevue est orageuse et les deux hommes se séparent très froidement.


Après la signature de la convention militaire de Saint-Cloud, le 3 juillet, Davout démissionne du ministère (6 juillet) et ramène son armée sur la Loire en application de cet accord. Trois semaines plus tard il remet le commandement de ses troupes à Etienne Macdonald, chargé par le Roi de les licencier. Il se retire ensuite de nouveau à Savigny.


Appelé à témoigner au procès du maréchal Ney, il déclare, en tant que signataire de la convention du 3 juillet 1815 réglant les détails de la capitulation, qu'il n'aurait jamais paraphé ce document s'il n'avait pas dû couvrir, dans son esprit, tous ceux qui avaient pris part aux Cent-Jours. Le déplaisir de Louis XVIII devant cette déposition est tel que le maréchal est privé de ses traitements et placé en résidence surveillée à Louviers. Le prince d'Eckmuhl, qui ne dispose plus de ses dotations, situées dans des pays qui ont cessé de dépendre de la France, connaît alors la misère. La sanction est enfin levée au bout de dix-huit mois. Le maréchal retrouve son bâton le 27 août 1817 et entre à la chambre des pairs le 5 mars 1819.



Il meurt à Paris de phtisie le 1er juin 1823. Il repose au cimetière du Père Lachaise, division 28.

 
 
 

Commentaires


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L’histoire des Bonaparte témoigne des soubresauts de l’époque, dans un contexte agité post-révolutionnaire : malgré tous ses efforts, Napoléon ne parvint pas à asseoir sa descendance sur le trône de France. Les tentatives qu’il fit pour établir une crypte impériale à Saint-Denis sont dans ce domaine tout à fait révélatrices. Ironie du sort, plus que les Bonaparte, ce sont les Beauharnais qui parvinrent, par les mariages, à s’unir à toutes les grandes dynasties du monde... Revanche posthume d’une Joséphine répudiée !

Les lieux d’inhumation des Bonaparte sont divers, et si certains lieux apparaissent comme autant de nécropoles familiales (chapelle impériale d’Ajaccio, église de Saint-Leu-La-Forêt, Invalides...), aucune ne s’imposa durablement. Posés sur les trônes européens par Napoléon, les Bonaparte du XIXe siècle suivent les aléas de l’histoire européenne dont ils furent les acteurs principaux.

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