top of page
Rechercher

Napoléon et la Corse

  • Photo du rédacteur: cavril sandrine
    cavril sandrine
  • 11 mars 2024
  • 3 min de lecture

Le 15 août 1769 est né un garçon appelé à une gloire immense, un certain Napoleone Buonaparte, plus connu sous son nom francisé, Napoléon Bonaparte, ou mieux encore sous son nom de règne, Napoléon Ier.

C'est seulement à 24 ans que le jeune homme, lieutenant dans l'armée française, se résignera à servir pleinement sa patrie d'adoption.


Napoléon est le deuxième enfant de Charles et Laetitia (ou Letizia) Buonaparte après Joseph (né en 1768) et avant Lucien (1775), Elisa (1777), Louis (1778), Pauline (1780), Caroline (1782) et Jérôme (1784).

Cette famille de la petite noblesse corse est d'origine italienne et son nom (Buona parte, en français, Bon parti ) renvoie aux querelles médiévales entre guelfes et gibelins qui secouèrent la péninsule. Les fortes affinités de Napoléon avec l'Italie sont à l'origine de sa grande popularité dans ce pays.

Grâce à l'appui du gouverneur français de l'île, le comte Louis de Marbeuf, Napoléon et son frère Joseph reçoivent une bourse pour étudier au collège d'Autun, en 1778, puis à l'école militaire de Bienne l'année suivante.

Napoleone ne laisse pas un souvenir particulier à ses maîtres, contrairement aux affirmations tardives de la propagande. On sait cependant qu'il manifeste de bonnes dispositions en mathématiques et un goût certain pour l'Histoire. Ce qui est sûr aussi, c'est qu'il doit faire de gros efforts pour maîtriser la langue française, se débarrasser de son accent et échapper aux moqueries de ses condisciples.

En septembre 1785, à tout juste 16 ans, il est nommé lieutenant en second d'artillerie au régiment de La Fère. Pendant de longues années, il traîne son ennui de garnison en garnison, dévorant livres sur livres, se passionnant pour la pensée philosophique de Rousseau, et rêvant surtout d'un destin national... en Corse, aux côtés du chef nationaliste Pascal Paoli.

La prise de la Bastille et les débuts de la Révolution l'indiffèrent. Obtenant de longues permissions en Corse, auprès de sa famille, il se fait élire lieutenant-colonel de la garde nationale d'Ajaccio et devient une sommité insulaire. Il en vient à se brouiller avec Paoli et doit s'exiler en juin 1793 sur le continent avec toute sa famille.

Désormais, faute de pouvoir faire autrement, c'est en France qu'il tracera sa voie..


D'un côté, il y a les Corses inconditionnels de l'Empereur, nombreux à penser que « tout dans cet homme était démesuré et splendide » selon les mots de Victor Hugo. Jamais l'enfant d'Ajaccio, qui multiplia les projets urbains pour sa ville au détriment de Bastia, n'oublia son île. De l'autre, il y a les Corses hostiles à Napoléon, passant sous silence l'œuvre immense accomplie par un homme n'exerçant le pouvoir que quinze ans pour ne retenir que son caractère guerrier et son extrême sévérité à l'égard du soulèvement de ses compatriotes insulaires, tel le général Morand dans les révoltes de Fiumorbu.

D'une famille de petite noblesse, Napoléon est né à Ajaccio en 1769, à une période cruciale de l'histoire de l'île, quand celle-ci cesse d'être génoise pour devenir française. Il est depuis sa prime enfance influencée par l'engagement politique de son père, ­Charles, qui épousa le combat pour l'indépendance de la Corse de Pascal Paoli, autre héros insulaire déjà célébré par le Musée de Corte. Malgré le choix pour la ­France du jeune Bonaparte sorti de l'école de Brienne, cette Corse, si profondément latine, si intimement liée à Gênes, va forger son destin. «Napoléon Bonaparte n'est devenu Napoléon que parce qu'il était corse et non en dépit du fait qu'il soit corse», tente de démontrer cette ambitieuse exposition, sous la houlette de Jean-Marc ­Olivesi, directeur du patrimoine et conservateur en chef du Musée de la Corse. Revisiter l'histoire - trop souvent imposée et admise - de la relation de Napoléon à la Corse et à la France, c'est-à-dire de l'île au continent, suscite la polémique.

Chateaubriand fut le premier à ouvrir le débat : « Nourri au milieu de la Corse, Bonaparte fut élevé à cette école primaire des Révolutions ; il ne nous apporta pas à son début le calme ou les passions du jeune âge, mais un esprit déjà empreint des passions politiques. Ceci change l'idée qu'on s'est formée de Napoléon ? Il ne parla pas de son île quand il fut heureux ; il avait même de l'antipathie pour elle ; elle lui rappelait un berceau trop étroit. Mais à Sainte-Hélène, sa patrie lui revint en mémoire.»










 
 
 

Commentaires


csm_MA_VotreVisite_Dome2_068ce98c5a.jpg

L’histoire des Bonaparte témoigne des soubresauts de l’époque, dans un contexte agité post-révolutionnaire : malgré tous ses efforts, Napoléon ne parvint pas à asseoir sa descendance sur le trône de France. Les tentatives qu’il fit pour établir une crypte impériale à Saint-Denis sont dans ce domaine tout à fait révélatrices. Ironie du sort, plus que les Bonaparte, ce sont les Beauharnais qui parvinrent, par les mariages, à s’unir à toutes les grandes dynasties du monde... Revanche posthume d’une Joséphine répudiée !

Les lieux d’inhumation des Bonaparte sont divers, et si certains lieux apparaissent comme autant de nécropoles familiales (chapelle impériale d’Ajaccio, église de Saint-Leu-La-Forêt, Invalides...), aucune ne s’imposa durablement. Posés sur les trônes européens par Napoléon, les Bonaparte du XIXe siècle suivent les aléas de l’histoire européenne dont ils furent les acteurs principaux.

images.jfif
bottom of page